Depuis 5 ans, à Toulouse, le restaurant BATbAt fait voyager les sens, et met à l’honneur la cuisine de rue traditionnelle vietnamienne.
Depuis 2011, BATbAt s’est engagé aux côtés de l’Association Christina Noble pour aider les enfants démunis.
Découvrez l’interview de son créateur, Olivier Barbot.

Quelle est la nature de votre partenariat avec l’Association Christina Noble ?
Depuis le printemps 2011, BATbAt a décidé de mettre en avant l’Association Christina Noble, en informant ses clients des actions menées par l’association au profit des enfants du Vietnam et de la Mongolie. Pour accroître son engagement, BATbAt a fait réaliser des sacs en papier pour les ventes à emporter. Ils seront vendus dès l’automne 2011 au profit de l’association.
Vous êtes à l’origine de BATBAT, quel esprit avez-vous voulu donner au restaurant ? Quelle a été votre source d’inspiration ?
N’étant pas originaire du Vietnam, c’est dans l’esprit du partage de la découverte d’une culture culinaire unique que BATbAt a été créé. La cuisine de rue vietnamienne est mise en scène à l’occidentale, tout en respectant les principes culinaires du pays. De nombreux restaurants asiatiques présentent des plats européanisés dans un décor très asiatique. BATbAt prend le pli inverse, en proposant des plats vietnamiens mais dans un lieu très « world food ». Les marchés de rue du Vietnam étant notre principale source d’inspiration, c’est la profusion d’herbes aromatiques surprenantes tant par leur forme que par leur goût, qui restitue l’identité de cette cuisine unique.
Vous connaissez le Vietnam, que ressentez-vous pour ce pays ?
Comme beaucoup de pays en cours de développement, le Vietnam est un pays de contrastes, qui évolue à très grande vitesse. La pauvreté côtoie les richesses, la ruralité est installée en ville, la modernité a du mal à se faire une place dans les campagnes. Débarquer au Vietnam est toujours déroutant : les bruits, la foule, la circulation, l’organisation du commerce par thème dans les rues, la variété de la cuisine, les sollicitations permanentes, les palanches chargées de fruits et durement portées par des femmes sur de longues distances, l’étendue géographique qui mêle en permanence la mer, la montagne et la plaine, mais aussi des grandes différences climatiques et culturelles… c’est un ensemble unique dont la beauté et la richesse ne sont pas toujours simples à découvrir, pour un œil occidental.
Qu’est ce qui vous touche le plus dans la culture vietnamienne ?
Le Vietnam a une longue histoire de conflits avec ses voisins immédiats, comme la Chine, et plus éloignés, comme la France ou les États-Unis. Le peuple vietnamien qui en a beaucoup souffert durant des siècles, a véritablement fusionné sa culture propre avec quelques particularités culturelles de ses ennemis, créant ainsi un ensemble singulièrement unique et harmonieux. Le caodaïsme (religion née au Vietnam) en est un exemple frappant. C’est cette capacité fusionnelle dans l’adversité, qui est la caractéristique culturelle du Vietnam qui me touche le plus. J’ai pu l’identifier dans la cuisine, ou la fusion de notre pot au feu bien français et des habitudes culinaires vietnamiennes, est probablement à l’origine du Pho, plat emblématique unique du Vietnam.
Que signifie pour vous l’engagement envers la protection de l’enfance au Vietnam ? Qu’est ce que cela vous apporte ?
Si le Vietnam est un pays de contrastes, c’est aussi un pays de grandes inégalités. Le rajeunissement important de la population, met l’enfance tout particulièrement en danger. En tant qu’ancien instituteur, je reste persuadé qu’après avoir assouvi les besoins fondamentaux de nourriture, de santé et d’habitat, ce sont l’amour et l’éducation qui permettent aux enfants de se construire pour devenir des adultes responsables. Or, il m’apparaît que les enfants vietnamiens ne sont pas sur le même pied d’égalité et que la rue est souvent le théâtre de leur misère et de leur exploitation.
Avec le sentiment que ma propre enfance a parfois été difficile, sans commune mesure toutefois avec ce que vivent les enfants de la rue au Vietnam, je veux participer, par le biais du partenariat avec l’Association Christina Noble, à leur épanouissement affectif et éducatif, leur apporter la chaleur et la tendresse qui constitueront le socle de leur vie d’adulte.
Que peut-on vous souhaiter pour les années à venir ?
On peut me souhaiter que BATbAt et la cuisine de rue fassent plein de petits, et puissent aider de plus en plus les enfants de la rue !

BATBAT
8 rue des Filatiers
31000 Toulouse
05 61 25 49 49
www.batbat.fr
L'intérieur du restaurant...
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